01/05/2026 , Temps estimé de lecture : 6 mins
Pas une minute pour respirer calmement. Pas une minute pour vous poser et simplement être. Pas une minute où vous n'étiez pas en train de faire quelque chose pour quelqu'un d'autre.
Et quand, par miracle, vous avez un petit créneau de libre — 30 minutes, une heure — une petite voix surgit : "Tu devrais en profiter pour faire ceci", "Tu n'as pas le droit de ne rien faire alors qu'il y a tant à accomplir", "C'est égoïste de prendre du temps pour toi".
La culpabilité s'installe. Et ce temps précieux qui aurait pu vous régénérer, vous le gaspillez en ruminations ou en activités qui ne vous nourrissent pas vraiment.
Le temps pour soi est devenu un luxe. Et pourtant, c'est une nécessité vitale.
Plusieurs mécanismes se conjuguent pour nous éloigner du temps pour soi :
La valorisation sociale de l'occupation. Dans notre société, être occupé(e) est un signe de valeur. "Je suis débordé(e)" est presque un badge d'honneur. À l'inverse, dire "J'ai pris du temps pour ne rien faire" peut être perçu comme de la paresse, un manque d'ambition, voire une forme d'irresponsabilité.
L'injonction à la productivité. Le temps "perdu" est considéré comme un temps gaspillé. Nous devons toujours être en train de produire quelque chose : travailler, ranger, optimiser, apprendre, nous améliorer. Même nos loisirs deviennent productifs (faire du sport "pour être en forme", lire "pour se cultiver").
Les attentes des autres. Famille, collègues, amis, société — tout le monde semble avoir des attentes sur ce que vous devriez faire de votre temps. Prendre du temps pour vous peut ressembler à une trahison de ces attentes.
La culpabilité féminine particulière. Les femmes, particulièrement, portent souvent une injonction à être disponibles pour tout le monde tout le temps. Prendre du temps pour soi quand les enfants ont besoin d'attention, quand la maison est en désordre, quand un proche pourrait avoir besoin d'aide — cela génère une culpabilité profonde.
La peur du vide. Parfois, nous évitons le temps pour soi parce que nous avons peur de ce qui pourrait émerger dans le silence. Les émotions enfouies, les questions non résolues, le face-à-face avec soi-même. Il est plus facile de rester occupé(e) que de s'arrêter et de sentir ce qui est vraiment là.
La difficulté à poser des limites. Dire "non" aux sollicitations, créer des frontières claires entre ce qui est pour les autres et ce qui est pour soi — cela demande une affirmation de soi que beaucoup ont du mal à déployer.
L'absence chronique de temps pour soi n'est pas anodine. Elle crée progressivement :
Il est temps de déconstruire cette croyance toxique : le temps pour soi n'est pas du temps perdu. C'est du temps investi dans votre capacité à vivre pleinement.
Quand vous prenez du temps pour vous, plusieurs choses se passent :
"Je n'ai pas le temps" est souvent une croyance, pas une réalité objective. Voici comment créer des espaces pour vous :
La culpabilité est souvent le plus grand obstacle. Voici quelques recadrages qui peuvent aider :
Si vous réalisez que vous n'avez pas pris de temps pour vous depuis des mois, voire des années, si la culpabilité est trop forte, si vous ne savez même plus ce qui vous ferait du bien — un accompagnement en psychopratique peut être précieux.
Nous pouvons explorer ensemble :
En ce mois de mai où les journées sont longues et lumineuses, offrez-vous un défi simple : 10 minutes par jour pour vous. Rien que pour vous.
Pas pour être productif(ve). Pas pour devenir meilleur(e). Juste pour être là, présent(e) à vous-même, dans le temps qui ne demande rien.
Asseyez-vous dans votre jardin et écoutez les oiseaux. Marchez pieds nus dans l'herbe. Respirez consciemment, les yeux fermés. Lisez quelques pages d'un livre que vous aimez. Écrivez dans un journal. Buvez une tisane en silence.
10 minutes. Chaque jour. Pour vous rappeler que vous existez au-delà de ce que vous faites pour les autres.
Et remarquez ce qui change. Dans votre corps. Dans votre esprit. Dans votre capacité à être présent(e) au reste de votre vie.
Le temps pour soi n'est pas un luxe. C'est l'oxygène qui vous permet de continuer à vivre pleinement.
Si cet article vous a été utile, n'hésitez pas à lui donner un coup de pouce en cliquant sur :
Quand la nature se réveille... et vous avec Mars arrive, et avec lui cette sensation que quelque chose se réveille. Les jours s'allongent visiblement, la lumière change, les bourgeons gonflent sur...
Quand s'ouvrir peut aussi nous épuiser Le printemps porte en lui cette énergie d'expansion, d'ouverture vers l'extérieur. Nous sortons de l'hiver, nous nous reconnectons à la nature, nous...
Depuis votre naissance jusqu'à votre dernier souffle, vous respirez. En moyenne, 20 000 fois par jour. Un mouvement si constant, si automatique, que vous n'y pensez presque jamais. Et pourtant,...
Bien plus qu'une enveloppe, la peau est un organe vivant qui dialogue en permanence avec notre monde intérieur et notre environnement.
Savoir dire non est souvent présenté comme une compétence à acquérir. C'est surtout une permission à se donner.
En médecine traditionnelle chinoise, nous sommes tous entourés d'une couche d'énergie protectrice. Septembre est le moment idéal pour la renforcer.